Actualité · GEO et recherche par IA · 5 octobre 2026Est-ce que ChatGPT est fiable pour s'informer ? Ce que mesurent l'Ofcom et 22 médias publics

Pas encore, conclut l'étude de l'UER et de la BBC menée avec 22 médias publics : au printemps 2025, leurs journalistes ont relevé au moins un problème important dans 36 % des réponses de ChatGPT sur l'actualité. Le public reste prudent : au Royaume-Uni, 21 % des adultes ont vu de l'actualité par une IA en un mois, selon l'Ofcom, mais 44 % seulement de ces utilisateurs la jugent exacte.

Une main tient un smartphone dont l'écran allumé est entièrement blanc, devant un mur gris.
Photo : Santeri Viinamäki, Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0 ; photo recadrée pour l'image de partage

L'usage

Ce que mesure l'Ofcom : 21 % des adultes, 30 % des 16-24 ans

Le régulateur britannique des communications a publié le 15 septembre 2026 son « News Report 2026 », tiré d'une enquête menée de novembre 2025 à fin mars 2026 auprès de 5 397 adultes de 16 ans et plus. Il y mesure pour la première fois l'usage de l'IA pour s'informer, en demandant sur quels moteurs de recherche, Aperçus IA ou applications d'IA chacun a vu ou entendu de l'actualité au cours du dernier mois.

  • 21 % des adultes ont vu de l'actualité par une application, un résumé ou un aperçu généré par l'IA, dont 13 % par ChatGPT.
  • 30 % des 16-24 ans sont dans ce cas, contre 3 % des 75 ans et plus.
  • Un usage plus fréquent chez les plus aisés. L'IA sert davantage à s'informer dans les foyers des catégories sociales supérieures (AB) que dans les plus modestes (DE).

L'Ofcom a changé de méthode en 2025 et invite à comparer ses résultats avec ceux des années précédentes « with caution ».

Source : Ofcom, « News Report 2026 », 15 septembre 2026, pages 3, 5 et 10 (question D20, base : 5 397 adultes) ; dates de l'enquête : rapport technique, 14 mai 2026. Le site de l'Ofcom bloquant les lectures automatiques, le PDF a été lu dans sa copie archivée le jour de sa publication par la Wayback Machine.

La confiance

L'IA derrière la télévision et la presse, devant les réseaux sociaux

L'Ofcom a demandé aux utilisateurs de chaque support si l'actualité qu'ils y voient est digne de confiance, impartiale et exacte. Pour le régulateur, « the lowest ratings are for news seen on social media and VSPs followed by news delivered through AI services » : les réseaux sociaux et les plateformes vidéo d'abord, les services d'IA ensuite.

Source : Ofcom, « News Report 2026 », figure 18, page 22 (question E3, adultes ayant vu de l'actualité sur chaque support au cours du dernier mois). Données britanniques.

L'exactitude

Ce que mesurent les journalistes : un tiers des réponses de ChatGPT en défaut

La seconde mesure ne porte pas sur l'opinion du public mais sur les réponses elles-mêmes. Menée par l'Union européenne de radio-télévision (UER) et la BBC, l'étude « News Integrity in AI Assistants », publiée en octobre 2025, a réuni 22 médias de service public de 18 pays, dont Radio France. Leurs journalistes ont posé les mêmes 30 questions d'actualité aux versions gratuites de ChatGPT, Copilot, Perplexity et Gemini, fin mai et début juin 2025, puis évalué 2 709 réponses : exactitude, sources, distinction entre faits et opinions, éditorialisation, contexte.

  • 45 % des réponses présentaient au moins un problème important, 81 % en comptant les problèmes plus légers.
  • 31 % avaient un problème important de sources : affirmation que la source citée ne contient pas, absence de source, attribution erronée ou invérifiable. 20 % avaient un problème important d'exactitude, souvent une information périmée.
  • ChatGPT : 36 % de réponses avec un problème important, dont 24 % sur les sources. Copilot était à 37 %, Perplexity à 30 %, Gemini à 76 %.
  • 0,5 % de refus. Les assistants n'ont refusé que 17 questions sur 3 113, ce qui suggère, selon les auteurs, qu'ils répondent qu'ils soient ou non capables de donner une réponse de qualité.

Exemple relevé par le service public finlandais Yle : en mai 2025, ChatGPT présentait encore François comme le pape en exercice, alors qu'il était mort en avril. Les auteurs notent un progrès, la part de réponses à problème important passant de 51 % à 37 % sur les seules réponses évaluées par la BBC depuis sa première étude. Leur conclusion reste nette : « AI assistants are still not a reliable way to access and consume news ». Ces mesures datent du printemps 2025 ; les assistants ont évolué depuis.

Source : UER et BBC, « News Integrity in AI Assistants: An international PSM study », octobre 2025, pages 3, 7 à 10 et 15 (réponses aux questions communes : ChatGPT 678, Copilot 675, Perplexity 681, Gemini 675).

Les écarts

Pourquoi les chiffres d'usage varient d'une étude à l'autre

Le Digital News Report 2026 du Reuters Institute, publié le 16 juin 2026, ne compte que les assistants autonomes, comme ChatGPT, Perplexity ou Gemini, utilisés pour l'actualité au cours de la semaine : 10 % des personnes interrogées dans l'ensemble des pays étudiés, contre 7 % un an plus tôt, et 4 % au Royaume-Uni. L'Ofcom inclut, lui, les aperçus générés dans les moteurs de recherche, et retient le dernier mois. Même pays, deux définitions, deux ordres de grandeur.

Le même rapport mesure la confiance : 20 % font confiance aux réponses des assistants IA, contre 37 % à l'information en général. Il ne relève pas de hausse, sur un an, de leur usage pour s'informer en France. L'IA s'y installe pourtant : l'Arcom comptait en mars 2026 33 millions de visiteurs uniques sur des services d'IA, soit 57,1 % de la population, tous usages confondus.

Sources : Reuters Institute, Digital News Report 2026, synthèse, 16 juin 2026 ; Arcom, « Baromètre d'audience des services d'intelligence artificielle - 1ère édition », 16 juin 2026.

Ce que cela change

Ce que cela change pour une rédaction ou une marque

Le premier point faible mesuré par l'UER n'est pas l'exactitude mais la source : l'assistant cite mal, ou pas du tout, d'où vient l'information. C'est aussi un risque pour celui qui est cité. Selon une enquête de la BBC au Royaume-Uni, reprise dans le rapport, 42 % des adultes interrogés feraient moins confiance à la source d'origine si un résumé d'actualité produit par l'IA contenait des erreurs.

  • Être une source facile à attribuer. Nom du média ou de la marque, auteur, date, chiffres sourcés : ce qu'un assistant peut reprendre sans le déformer. Google proscrit d'ailleurs les faux profils d'auteurs et demande, dans sa documentation en anglais, une relecture humaine des contenus produits avec l'IA.
  • Mettre les faits là où les robots les lisent. Des pages accessibles, à jour, qui répondent à la question dès les premières lignes.
  • Vérifier ce que les assistants disent de vous. Poser régulièrement les questions qui comptent pour votre activité, relever les erreurs et les sources citées : c'est ce que propose notre rédaction GEO.

Pour en discuter avec un chef de rédaction, parlez-nous de votre projet.

Questions fréquentes sur la fiabilité de ChatGPT pour s'informer

Est-ce que ChatGPT est fiable pour s'informer ?

Pas entièrement. Dans l'étude de 22 médias publics menée avec l'UER et la BBC au printemps 2025, sur la version gratuite de ChatGPT, 36 % des réponses sur l'actualité présentaient au moins un problème important, le plus souvent de sources. Les auteurs concluent que les assistants IA ne sont pas encore un moyen fiable de s'informer. Vérifier l'information à sa source reste nécessaire.

Quel est le taux d'erreur de ChatGPT sur l'actualité ?

Selon l'étude de l'UER et de la BBC, menée au printemps 2025 sur 678 réponses de ChatGPT, 36 % présentaient au moins un problème important et 24 % un problème important de sources. Tous assistants confondus, 45 % des 2 709 réponses évaluées étaient concernées, et 20 % avaient un problème important d'exactitude.

Combien de personnes s'informent avec l'IA ?

Au Royaume-Uni, 21 % des adultes ont vu de l'actualité par une IA au cours du dernier mois, aperçus des moteurs de recherche compris, selon l'Ofcom (enquête de novembre 2025 à mars 2026, publiée en septembre 2026). Le Reuters Institute compte 10 % d'utilisateurs hebdomadaires d'assistants pour l'actualité dans les pays qu'il étudie, et 4 % au Royaume-Uni (juin 2026).

Quel assistant IA fait le moins d'erreurs sur l'actualité ?

Dans l'étude de l'UER, au printemps 2025, Perplexity avait la plus faible part de réponses à problème important (30 %), devant ChatGPT (36 %) et Copilot (37 %) ; Gemini était à 76 %, surtout à cause des sources. Ces assistants ont évolué depuis : ce classement ne vaut que pour la période mesurée.

Quelles erreurs font les assistants IA sur l'actualité ?

Surtout des erreurs de sources : dans l'étude de l'UER et de la BBC, 31 % des réponses avaient un problème important de sources (affirmation absente de la source citée, aucune source, attribution erronée ou invérifiable). Viennent ensuite les problèmes importants d'exactitude (20 %), souvent des informations périmées, et de contexte (14 %).

Comment un média peut-il être bien cité par les IA ?

En facilitant l'attribution : un nom de média ou de marque, un auteur, une date et des chiffres sourcés, sur des pages que les robots des moteurs peuvent lire. Puis en vérifiant régulièrement ce que répondent les assistants. C'est la part éditoriale du GEO, celle que propose l'offre de rédaction GEO de 6Médias, agence de presse créée en 1999.

Sources

Les études citées dans cet article

Études lues dans leur version originale le 5 octobre 2026. Les données de l'Ofcom portent sur le Royaume-Uni ; celles de l'UER sur 18 pays, dont la France. Une erreur ? Écrivez à contact@6medias.com.

Ce que les IA disent de vous

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