Actualité · Droit et économie de la presse · 5 octobre 2026Tarif pige journaliste : 60,60 € le feuillet en agence de presse

Une agence de presse écrite doit désormais payer un journaliste pigiste au moins 60,60 euros brut le feuillet de 1 500 signes, contre 60 euros auparavant : depuis le 1er septembre 2026 si elle adhère à la FFAP, depuis le 30 septembre pour les autres. Fixé par l'avenant n° 5 du 6 juillet 2026, ce barème a été étendu par un arrêté publié au Journal officiel du 30 septembre.

Une machine à écrire ancienne, une feuille blanche engagée, sur fond noir.
Photo : Iván Díaz, Unsplash (licence Unsplash)

Le texte

Ce que fixe l'avenant n° 5 du 6 juillet 2026

L'avenant n° 5 modifie l'accord du 3 juillet 2019 relatif à la classification et aux salaires minima des journalistes d'agences de presse, rattaché à la convention collective nationale des journalistes (IDCC 1480). Il a été signé à Paris le 6 juillet 2026 par la Fédération française des agences de presse (FFAP), pour les employeurs, et par la CFDT, la CGT et l'Union syndicale Solidaires, après la négociation annuelle sur les salaires du 19 juin 2026.

Son article 3 relève de 1 % les barèmes minimums de piges des agences de presse écrite, radio et audiovisuelles. Pour les agences photographiques, la demi-journée augmente de 1,5 % et la journée de 1 %. Pour les permanents, le salaire minimum du groupe 1 progresse de 3 %, à 1 962,27 euros brut par mois, celui des groupes 2 à 8 de 1 %.

Le terme

Pige

nom féminin

Mode de rémunération d'un journaliste payé à la tâche (au feuillet, au son, au papier ou à la journée) plutôt qu'au mois. En agence de presse écrite, le barème conventionnel fixe un minimum brut par feuillet de 1 500 signes.

Définition 6Médias, d'après l'annexe 5 de l'accord du 3 juillet 2019 (agences de presse, IDCC 1480).

Le barème

Les minimums de pige en agence de presse au 1er septembre 2026

Montants bruts minimums. Sources : avenant n° 4 du 4 juillet 2025 (Légifrance) ; avenant n° 5 du 6 juillet 2026, annexe 2 (texte de l'avenant, version publiée par Tripalio le 27 août 2026, sans les signatures ; signataires d'après l'avis d'extension publié au JORF n° 189 du 14 août 2026, texte n° 45). Chaque montant 2026 est égal au montant 2025 augmenté du taux de l'article 3, arrondi au centime : nous l'avons recalculé.

L'extension

Deux dates : le 1er et le 30 septembre

L'avenant prévoit lui-même deux dates d'application (article 4). Il s'applique à partir du 1er septembre 2026 aux entreprises adhérentes de l'organisation d'employeurs signataire, la FFAP, et à partir de la publication d'un arrêté d'extension au Journal officiel pour les autres entreprises du champ de l'accord de 2019.

Signé le 22 septembre 2026 et publié au Journal officiel n° 228 du 30 septembre (texte n° 117), l'arrêté d'extension rend les stipulations de l'avenant obligatoires « pour tous les employeurs et tous les salariés compris dans le champ d'application » de la convention collective des journalistes, dans le champ professionnel de l'avenant. Son article 2 fait courir l'extension « à compter de la date de publication du présent arrêté ».

  • Agence adhérente de la FFAP : 60,60 euros le feuillet depuis le 1er septembre 2026.
  • Autre agence de presse entrant dans le champ de l'accord de 2019 : 60,60 euros depuis le 30 septembre 2026. Jusque-là, le barème étendu restait celui de l'avenant n° 4, soit 60 euros, étendu par arrêté du 12 septembre 2025.

Un texte pas encore consultable sur Légifrance

Au 5 octobre 2026, la grille des agences de presse consultable sur Légifrance est encore celle de l'avenant n° 4, à 60 euros le feuillet. L'arrêté renvoie, pour le texte de l'avenant n° 5, au Bulletin officiel des conventions collectives n° 2026/32, qui n'était pas en ligne ce jour-là. Le même jour, la réponse générée par l'IA en tête des résultats de Google France pour « tarif pige journaliste » indiquait toujours 60 euros pour les agences de presse écrite.

Sources : arrêté du 22 septembre 2026, JORF n° 228 du 30 septembre 2026 ; liste des bulletins officiels des conventions collectives, consultée le 5 octobre 2026 ; page de résultats Google France relevée par SE Ranking le 5 octobre 2026.

Comparer

Agence, quotidien, magazine : un barème par forme de presse

La convention collective des journalistes fixe les salaires minimums par forme de presse : chaque famille d'employeurs négocie son propre barème de piges. Celui des agences ne vaut donc que pour les pigistes payés par une agence de presse. Voici, pour cinq formes de presse, les derniers barèmes de pige écrite connus au 5 octobre 2026 : tous publiés sur Légifrance, sauf celui des agences, dont l'avenant n'y figure pas encore.

Sources : textes cités dans le tableau, Légifrance, consultés le 5 octobre 2026 ; principe des minimums par forme de presse rappelé dans le préambule de l'accord PQN du 1er juillet 2025 (article 22 de la convention collective). Un accord signé en 2026 dans une autre forme de presse peut ne pas être encore publié.

Dans la presse quotidienne nationale, la presse spécialisée et chez les adhérents du Spiil, les textes précisent que ce minimum s'entend hors 13e mois, congés payés et prime d'ancienneté. L'accord de la presse quotidienne nationale rappelle aussi que tout travail commandé et accepté est rémunéré, même s'il n'est pas publié, à la fin du mois de livraison de la pige.

Le statut

Une pige est un salaire, pas une facture

Le code du travail présume salarié le journaliste professionnel qui travaille pour une entreprise de presse contre rémunération. Selon l'article L7112-1, cette convention « est présumée être un contrat de travail », et la présomption subsiste « quels que soient le mode et le montant de la rémunération ainsi que la qualification donnée à la convention par les parties ».

Le barème de pige est donc un salaire minimum brut : l'accord de la presse quotidienne nationale parle de « bulletin de pige », sur lequel la prime d'ancienneté doit apparaître de façon distincte.

C'est enfin un plancher, pas un tarif de référence. L'accord des entreprises de presse indépendantes l'écrit en toutes lettres : le barème des journalistes rémunérés à la pige « est à entendre comme une liste de planchers, et non comme un étalon ».

Sources : code du travail, article L7112-1 ; accord PQN du 1er juillet 2025, article 4 ; accord Spiil du 13 mars 2025, article 7.

Pour les rédactions

Ce que cela change pour une rédaction

Pour une agence de presse

Le minimum de 60,60 euros le feuillet s'applique à partir du 1er septembre 2026 pour une agence adhérente de la FFAP, du 30 septembre pour les autres. Les barèmes photo, radio et audiovisuels de l'annexe 5 changent aux mêmes dates, comme les salaires minimums des permanents.

Pour un éditeur qui achète des contenus d'agence

Le minimum payé par l'agence à ses pigistes augmente de 1 % (1,5 % pour la demi-journée photo). Dans une agence, le poids du travail est élevé : selon l'étude de l'Arcom et du ministère de la Culture publiée en janvier 2026, la masse salariale représentait 83 % des charges totales des agences de presse en 2024.

Source : Arcom et ministère de la Culture, Étude sur le modèle économique de l'information en France, janvier 2026, page 39 (données 2024) ; chiffre repris par l'Autorité de la concurrence, décision 26-MC-02, paragraphe 9

Pour un éditeur qui emploie ses pigistes

C'est le barème de sa forme de presse qui s'applique, pas celui des agences : 69,38 euros le feuillet en presse quotidienne nationale, 62 euros en presse magazine, 55,55 euros en presse d'information spécialisée, selon les derniers textes publiés.

Pour suivre les prochaines hausses

Les minimums des agences se négocient chaque année, dans le cadre de la négociation annuelle obligatoire de branche sur les salaires : les deux dernières hausses datent du 1er septembre 2025 (avenant n° 4) et du 1er septembre 2026 (avenant n° 5).

Une rédaction qui hésite entre multiplier les piges et confier une partie de sa production continue peut comparer les deux sur notre page Desk d'actualité externalisé, qui détaille la différence entre un desk externalisé et des pigistes, ou sur celle de l'édition déléguée si la mise en ligne est aussi en jeu. Un chef de rédaction peut aussi en discuter avec vous : décrivez-nous votre projet.

Questions fréquentes sur le tarif des piges en 2026

Quel est le tarif minimum d'une pige de journaliste en agence de presse en 2026 ?

Dans une agence de presse écrite, le minimum est de 60,60 euros brut le feuillet de 1 500 signes, contre 60 euros auparavant : depuis le 1er septembre 2026 pour les agences adhérentes de la FFAP, depuis le 30 septembre 2026 pour les autres. Ce montant est fixé par l'avenant n° 5 du 6 juillet 2026 à l'accord des journalistes d'agences de presse, étendu par arrêté du 22 septembre 2026.

Depuis quand les 60,60 euros s'appliquent-ils à toutes les agences ?

Depuis le 1er septembre 2026 pour les agences adhérentes de la Fédération française des agences de presse, et depuis le 30 septembre 2026 pour les autres agences de la branche. Cette seconde date est celle de la publication au Journal officiel de l'arrêté d'extension du 22 septembre 2026.

Combien est payée une pige photo, radio ou vidéo en agence ?

Depuis septembre 2026, le minimum brut est de 74,10 euros la demi-journée et 147,46 euros la journée en agence photographique, de 47,47 euros le son et 52,52 euros le papier en agence radio, et de 104,86 à 136,32 euros la journée en agence audiovisuelle, selon le type de contrat.

Le barème des agences s'applique-t-il aux journaux et aux magazines ?

Non. La convention collective des journalistes fixe les minimums par forme de presse. D'après les derniers textes publiés sur Légifrance au 5 octobre 2026, le feuillet de pige vaut au moins 69,38 euros en presse quotidienne nationale, 62 euros en presse magazine et 55,55 euros en presse d'information spécialisée.

Un journaliste pigiste peut-il être payé sur facture ?

Le code du travail présume salarié le journaliste professionnel qui travaille pour une entreprise de presse contre rémunération. Selon l'article L7112-1, cette présomption subsiste quels que soient le mode et le montant de la rémunération et la qualification donnée au contrat. En principe, la pige est donc un salaire, soumis au barème minimum de la forme de presse lorsqu'il en existe un.

Où lire le texte officiel du barème 2026 ?

L'arrêté d'extension du 22 septembre 2026 est publié sur Légifrance (JORF du 30 septembre 2026). Selon l'arrêté, le texte de l'avenant n° 5 est publié au Bulletin officiel des conventions collectives n° 2026/32, un fascicule qui n'était pas encore en ligne au 5 octobre 2026 ; Légifrance affichait encore ce jour-là la grille précédente, à 60 euros.

Sources

Les textes cités dans cet article

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