Actualité · Formats et audiences · 5 octobre 2026Qu'est-ce qu'une information ? Ce que répond le public, selon le Reuters Institute

Pour le public, une information repose d'abord sur des faits exacts et vérifiables : 65 % des personnes interrogées dans six pays jugent ce critère essentiel, selon une étude du Reuters Institute publiée le 15 septembre 2026. Viennent ensuite la source, l'auteur, le sujet, le genre et le format : un article long est bien plus souvent reconnu comme de l'information qu'un texte court.

Un ancien casque d'écoute à écouteurs noirs et cordon vert, posé sur une table en bois.
Ancien casque d'écoute. Photo : ArnoldReinhold, Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0 ; photo recadrée pour l'image de partage

En bref

Ce qu'il faut retenir

  • 65 % des personnes interrogées jugent essentiel qu'une information repose sur des faits exacts et vérifiables ; 10 % seulement jugent essentiels un point de vue personnel ou une interprétation.
  • La source pèse lourd : un journal télévisé ou radio (88 %), un site d'information (87 %) ou un journal (85 %) sont reconnus comme de l'information, bien plus que les réseaux sociaux (35 %), les podcasts (33 %) ou les interfaces d'IA (26 %).
  • Un texte long est plus souvent reconnu comme de l'information qu'un texte court ; pour l'audio, c'est l'inverse.
  • Près de la moitié du public (49 %) s'en tient à une définition classique ; un quart (26 %) l'élargit aux créateurs, aux podcasts et à la vidéo courte, sans abandonner le socle.
  • L'étude porte sur six pays, sans la France.

Méthode

Une étude en deux temps, dans six pays

Le Reuters Institute for the Study of Journalism, rattaché à l'université d'Oxford, a publié le 15 septembre 2026 un rapport signé Tali Aharoni, Waqas Ejaz, Amy Ross Arguedas et Richard Fletcher. Il croise deux enquêtes :

  • des carnets médias tenus pendant une semaine et des entretiens d'une durée moyenne de 75 minutes, menés du 4 au 17 novembre 2025 auprès de 40 adultes, dix par pays, en Argentine, en Norvège, au Royaume-Uni et aux États-Unis ;
  • un questionnaire en ligne de YouGov, du 1er au 28 avril 2026, auprès d'environ 2 000 personnes par pays, en Argentine, en Espagne, aux États-Unis, au Japon, en Norvège et au Royaume-Uni.

Les auteurs signalent leurs limites : un panel en ligne sous-représente les personnes qui ne sont pas en ligne, les réponses sont déclaratives, et 21 % des répondants n'entrent dans aucun des groupes qu'ils décrivent (4 % ont une définition seulement élargie).

Les indices

Comment le public reconnaît une information

Sur un socle commun, des faits exacts et vérifiés sur des événements réels, le public s'appuie sur cinq indices : la source, l'auteur, le sujet, le genre et le format. La pertinence, pour la société ou pour soi, et la fraîcheur de l'événement font le reste.

La source et l'auteur

Plus de huit répondants sur dix reconnaissent comme de l'information ce que diffusent la télévision, la radio, les sites d'information et les journaux. Ce qui vient de journalistes, d'experts ou de responsables politiques est reconnu par 70 % ou plus. Ce que publient les créateurs, influenceurs et célébrités l'est moins souvent.

Le sujet

La politique, les conflits et l'économie sont associés à l'information. Les jeux vidéo ou la mode ne le sont que pour une minorité, surtout parmi ceux qui ont une définition élargie.

Le genre

Les directs et les dernières nouvelles (87 %), le reportage vérifié (80 %), le documentaire et l'enquête (77 %) sont reconnus comme de l'information. L'interview (61 %) et le débat (55 %) sont à mi-chemin ; l'opinion (48 %) et surtout la satire (19 %) le sont bien moins souvent.

La relation à l'événement

Un fait est plus souvent jugé comme de l'information s'il se passe maintenant ou près de soi. Un impact sur la société est jugé essentiel par 36 % des répondants, un impact personnel par 22 %.

Source : Reuters Institute, rapport du 15 septembre 2026, chapitres 2 à 6 et 8. Pourcentages : ensemble des six pays ; réponses « certainement » ou « probablement » de l'information, sauf pour l'impact (critère jugé « essentiel »).

Formats

Format long ou court : la réponse dépend du support

Le rapport mesure, pays par pays, la part du public qui reconnaît un format comme de l'information. Les écarts sont nets :

La vidéo suit le même schéma que l'écrit, avec un écart nettement plus faible en Argentine. Les auteurs nuancent : le questionnaire illustrait certains formats par des exemples liés à une source, la vidéo longue par des reportages télévisés, la vidéo courte par des vidéos de réseaux sociaux, l'audio long par des épisodes de podcast, ce qui a pu orienter les réponses. Dans les entretiens, un podcast est jugé informatif quand il rapporte des faits, moins quand il les commente.

Générations

Les 18-24 ans élargissent la définition, sans renier le socle

Tous les âges reconnaissent les sources traditionnelles. Mais les 18-24 ans sont bien plus nombreux que les 55 ans et plus à voir de l'information dans les réseaux sociaux (53 % contre 23 %), les podcasts (40 % contre 27 %) et les interfaces d'IA (30 % contre 22 %). Ceux qui s'informent surtout par les plateformes ont plus souvent une définition élargie (38 % contre 25 %). Sur la fiabilité des assistants d'IA eux-mêmes, voir notre article ChatGPT est-il fiable pour s'informer ?

Être reconnu comme information ne garantit pas d'être lu. Le rapport décrit un public qui évite l'actualité jugée répétitive, négative ou loin de son quotidien, et qui trouve dans les formats explicatifs, conversationnels ou portés par des créateurs une façon plus engageante de rester informé, au prix de questions sur la qualité et la confiance. Sa conclusion tient en une formule : les définitions de l'information se superposent, elles ne se remplacent pas (« layered, not replaced »).

Et en France ?

Ce que l'on sait pour la France

La France ne fait pas partie de l'étude. Le Digital News Report 2026 du même institut, publié le 16 juin 2026, donne d'autres repères, à ne pas comparer terme à terme : 61 % des Français interrogés regardent chaque semaine des vidéos d'information ; 29 % disent s'informer en partie auprès de créateurs, mais 3 % seulement estiment que les créateurs couvrent tous leurs besoins. La confiance dans l'information reste à 29 %, et 37 % évitent l'actualité parfois ou souvent. Côté presse, les derniers chiffres de diffusion et de fréquentation de l'ACPM montrent des sites de quotidiens en hausse et des sites de magazines en recul.

Ce que cela change

Ce que cela change pour une rédaction, une marque ou une collectivité

Rendre la méthode visible

Pour les auteurs, la réputation d'une marque ne suffit plus quand un contenu circule dans des fils mélangés. Ils recommandent de montrer les sources, de dire ce qui reste incertain, d'identifier l'auteur et de séparer le récit des faits, l'analyse et l'opinion.

Faire du format court une porte d'entrée

Vidéo courte, explication, conversation : ces formats abaissent la barrière, mais valent surtout s'ils mènent vers un contenu plus complet, avec le contexte et les preuves.

Dire à quoi sert l'information

Le rapport invite à limiter la répétition, le jargon et la surcharge émotionnelle, et à expliquer les conséquences pratiques d'un fait au lieu de réserver les explications aux grands événements.

Ne pas confondre information et communication

Selon nous, le constat vaut aussi pour une marque ou une collectivité : un contenu qui veut être lu comme de l'information doit en porter les indices, sources citées, auteur identifié, fait récent et utile. Un message promotionnel ne les a pas, et le lecteur le voit.

Sources citées, vérification, relecture, auteur identifié : ce sont les méthodes d'une rédaction que nous proposons aux portails et médias de marque qui publient de l'actualité chaque jour. Un chef de rédaction peut en discuter avec vous : parlez-nous de votre projet.

Questions fréquentes sur la définition de l'information

Qu'est-ce qu'une information pour le public ?

Selon le Reuters Institute (15 septembre 2026), le public attend d'une information qu'elle repose sur des faits exacts et vérifiables : 65 % des répondants de six pays jugent ce critère essentiel. Il la reconnaît ensuite à sa source, à son auteur, à son sujet, à son genre et à son format, ainsi qu'à sa fraîcheur.

Quels formats sont le plus souvent reconnus comme de l'information ?

L'article écrit long, reconnu par 70 % à 82 % des répondants selon les pays, contre 37 % à 58 % pour un texte court. La vidéo longue l'emporte aussi sur la vidéo courte. Pour l'audio, c'est l'inverse : l'audio court est bien plus reconnu que l'audio long, illustré dans le questionnaire par des épisodes de podcast.

Les réseaux sociaux sont-ils une source d'information pour le public ?

Pour une minorité : en moyenne, 35 % des répondants considèrent ce qu'ils voient sur les réseaux sociaux comme de l'information, contre 87 % pour un site d'information. La part monte à 53 % chez les 18-24 ans et tombe à 23 % chez les 55 ans et plus.

Un podcast est-il de l'information ?

Pour une partie du public seulement : 33 % voient de l'information dans les podcasts, et l'audio long est reconnu par 29 % à 46 % des répondants selon les pays. Dans les entretiens, plusieurs participants jugent informatif un podcast qui rapporte des faits, moins un podcast qui les analyse ou les commente.

Ces résultats valent-ils pour la France ?

Pas directement : l'étude couvre l'Argentine, l'Espagne, les États-Unis, le Japon, la Norvège et le Royaume-Uni. Pour la France, le Digital News Report 2026 indique que 61 % des personnes interrogées regardent chaque semaine des vidéos d'information et que 29 % font confiance à la plupart des informations la plupart du temps.

Sources

Sources de cet article

Formats et lecteurs

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